Vous avez dit « babordais » ?

 

BÂBORDAIS, subst. masc.

À bord du quatre-mâts allemand Pommern vers 1930Le mot s'écrit avec ou sans accent circonflexe. 
Le Babordais a choisi la simplification...

 

MAR. Homme d'équipage faisant partie de la deuxième bordée de veille (Gruss 1952).
Les babordais sont de quart, les babordais veillent (Will. 1831). Yves était monté avec les bâbordais dans ce désarroi de la mâture, et alors je regardais en haut, aveuglé moi aussi, ne percevant plus que par instants la grappe humaine en l'air. (Loti, Mon frère Yves, 1883, p. 133.)

PRONONCIATION ET ORTHOGRAPHE : [babɔʀdε]. Land. 1834 admet babordais ou babordès.

ÉTYMOLOGIE ET HISTOIRE 1694 (Corneille : [...] on appelle ainsi la partie de l'Equipage qui doit faire le quart de Bas-bord), attesté aussi sous les graphies Bas-bordes ou Bas-bordais (Encyclop. 1751), Basbordois (Boiste 1808) et Bâbordais dep. Boiste 1829.
Dérivé de bâbord*; suffixe -ais*.

 

BÂBORD, subst. masc.

MAR. A.− Partie gauche d'un navire. Avoir les amures à bâbord (Ac. 1835-1932) :

... les officiers culbutés et ensablés criaient comme le vieux capitaine de vaisseau : « feu de tribord, feu de bâbord, feu partout! feu dans ma perruque! (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 406.)

B.− Loc. adv.  À bâbord, sur bâbord. À gauche de l'axe longitudinal du bateau lorsqu'on regarde vers l'avant (d'apr. Barber. 1969) :

... le célèbre pic fut laissé sur bâbord, et le Duncan, continuant sa marche rapide, coupa le tropique du Cancer le 2 septembre, à cinq heures du matin. (Verne, Les Enfants du capitaine Grant, t. 1, 1868, p. 64.)

ÉTYMOLOGIE ET HISTOIRE 1484 mar. « côté gauche d'un bâtiment, en parlant de la poupe ».
Emprunté au moyen néerlandais bakboord, composé de bac, bak « dos » et boord « bord ». À l'époque du moyen néerlandais, le pilote gouvernait en effet avec une godille fixée au côté droit du bateau et tournait donc le dos au côté gauche. Forme altérée en bas bord, basbord (puis bâbord), par attraction de l'adjectif bas*, l'équipage se tenant à bâbord, tandis que le tribord était réservé aux officiers (Will.).

(Centre national de ressources textuelles et lexicales, ici)

 

 

 

Lexique des cordages

Duhamel

Pour simplifier, considérons
les fibres naturelles [chanvre - coton - lin - coco - sisal - etc.] et
les fibres synthétiques [nylon - polyester - polypropylène - etc.]
puis la méthode de fabrication des cordages,
soit toronnés (commis ou «tordus») en trois ou quatre torons,
soit tressés, généralement en 16 brins autour d'une âme centrale.

 

Toutes les fibres naturelles sont toronnées (aucun tressage); tous les cordages tressés sont synthétiques; certains cordages commis sont synthétiques.

Tous les cordages sont disponibles en à peu près tous les diamètres, appropriés à chaque type de nouage. Le Bâbordais peut tout nouer avec n'importe quel cordage (ou presque) mais les plus beaux ouvrages sont de fibres naturelles; or ceux-ci ne se prêtent pas à toutes les applications, en raison de leur relative fragilité, notamment à l'humidité.

Le traditionnel et l'ancien seront mieux servis par des cordages toronnés, même faits de fibres synthétiques. Le voilier moderne s'habille mieux de cordages synthétiques, surtout de belle qualité et joliment colorés.

Cordages toronnés

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Chanvre de Manille
(ou simplement manille. Les terriens parlent de «corde de bois» pour désigner le cordage de manille.)

Le cordage de chanvre, sélectionné avec soin par le Bâbordais, est fabriqué d'une fibre naturelle de qualité supérieure, le chanvre. Il en existe plusieurs types: le Bâbordais ne travaille qu'avec les plus beaux, venus d'Europe. C'est le cordage de grande tradition de matelotage par excellence, noble à la vue, soyeux au toucher et même distinct à l'odorat; les plus beaux nouages en sont faits. Le chanvre est naturellement coloré de nuances de brun au beige.

Sans être fragile, le chanvre demande une attention particulière. Par exemple, les paillets faits de chanvre sont lavables mais on doit les sécher avec soin: leur usage à l'extérieur n'est donc pas recommandé. Aussi, le cordage de chanvre est enduit d'un produit de protection contre la moisissure: à la longue, ce produit  peut migrer et tacher la surface. L'usage d'un sous-tapis est conseillé.

Lin et coton

Les cordages de lin sont très rares et offrent à peu près les mêmes qualités que le chanvre (couleur et texture), assortis des mêmes recommandations.

IMG_3506Le coton, habituellement blanc, est utilisé particulièrement pour les matelotages décoratifs.

 

 

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Nylon
Neuf, le cordage de nylon toronné en trois est généralement blanc ou noir, très lustré et soyeux. Usagé, c'est-à-dire usé par l'usage de la mer, le nylon devient plutôt gris et plus compact. C'est un produit de qualité supérieure, à peu près inusable, lavable à grande eau et imputrescible. 

En matière de nouage, le cordage de nylon toronné permet une belle transition entre l'ancien et le moderne, notamment pour les tapis et paillets.

 

Polypropylène: À venir

Polyéthylène: À venir

 

Autres...: À venir

 

 

 

Lexique des nœuds

 

Dans la navigation contemporaine, la multitude de nœuds, de surliures, d’amarrages, d’épissures et de garnitures, autrefois en usage sur les voiliers, s’est grandement simplifiée et l’on n’utilise plus couramment que quelques-unes de ces techniques.
Au quotidien, les nœuds de marine usuels sont souvent utiles à qui les connait.

On peut les regrouper en
nœuds d’ajut, pour joindre deux cordages :

  • le premier à connaître est le noeud d'écoute, pour amarrer deux cordages de diamètres différents;
  • le très décoratif nœud karrick se défait facilement même s’il a été serré très fort;IMG_3520
  • le nœud de pêcheur garantit une excellente tenue sur tous types et grosseurs de fils et cordages mais il est difficile à défaire une fois serré.
  • à proscrire: le noeud de vache, calamité qui porte bien son nom et ne se dénoue plus jamais, et le noeud plat, qui a la mauvaise manie de se dénouer tout seul.

nœuds d’arrêt, pour empêcher le cordage de se défaire ou de dépasser :

  • les nœuds de capucin et franciscain sont élégants, par exemple au bout d’un cordon de capuchon;IMG_3516

  • le noeud en huit est plus simple à réaliser;
  • le noeud d'arrimeur est plus gros.

nœuds de boucle, pour réaliser une boucle au bout ou au centre d’un cordage :

  • le noeud de chaise est l'incontournable classique à tout faire de la navigation, que le bon marin doit savoir nouer les yeux fermés;IMG_3551
  • une variante à deux boucles est le noeud de chaise de calfat;
  • le nœud en huit gansé se défait beaucoup plus facilement que le nœud de plein poing.

et nœuds d’amarrage, pour fixer un cordage à un objet :

  • le noeud tête-d'alouette est utile et passe-partout;
  • le noeud de grappin, amarré, est le plus solide, particulièrement pour fixer l'ancre;
  • le nœud de longe permet de fixer solidement un cordage à un objet et se défait comme par magie;IMG_3521
  • le nœud constricteur est le meilleur pour fermer un sac. D’excellente tenue, il se défait facilement.

Certains nœuds de spécialités sont nécessaires à des fonctions bien particulières.

  • la pomme de touline ajoute du poids au bout d’un cordage à lancer;
  • la jambe-de-chien permet de raccourcir un cordage sans le couper;
  • l’erseau peut servir à garnir une poulie ou à fabriquer les poignées d’un coffre;IMG_3517
  • l’épissure de bout empêche le cordage de se détoronner;
  • l’œil épissé forme une boucle solide et permanente au bout d’un cordage.

Enfin, d’autres nœuds de fantaisie sont utiles à rendre les objets plus jolis !

  • le bonnet turc sert à la décoration partout sur le bateau et ailleurs;
  • le noeud Matthew-Walker lui fait une saine concurrence;
  • le paillet est une protection de pont et le paillasson obligé de tout voilier qui se respecte;
  • la corde de cloche est un grand classique de l’art du matelotage et les matelots rivalisent d’imagination.

 

Et vous en apprendrez bien davantage et bien mieux ici.